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Le grand huit

8 personnes différentes partageant leurs cheminements et inspirations

6 étapes de la blessure d'abandon

Bonjour,

Je voudrais vous donner mon expérience de la blessure d’abandon, à travers six étapes de ma vie où elle a été bien présente. Au début, je ne savais pas ce qu’est une blessure, et pour moi c’était juste : « C’est comme ça, c’est normal »…

Durant mon adolescence, si je déclarais ma flamme à une copine et qu’elle me refusait, j’allais mourir. Non pas mourir symboliquement, mais m’effondrer sur le champ, mort pour du vrai. Le meilleur moyen de rester en vie était de ne rien déclarer du tout. Si une fille m’attirait, j’étais incapable de lui parler, incapable de formuler une phrase, je bafouillais ou je sortais une ânerie qui me discréditait. Ca ne facilite pas la vie d’un adolescent…

Quelques années après, j’avais une copine, que j’avais abordée par écrit, espérant ainsi que les foudres mortelles puissent être différées en cas de refus. Donc j’avais une copine et les aléas des études nous faisaient résider à 50 km l’un de l’autre. C’était un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaitre : une époque sans téléphone portable, sans sms et sans mail. Il nous restait le courrier postal ; et nous nous écrivions beaucoup. Cela fut pour moi l’occasion d’expérimenter un bien étrange cycle…

Je recevais une lettre. J’étais joyeux. En un ou deux jours je répondais. Le courrier partait. Deux jours après avoir envoyé le courrier, je me disais qu’elle pourrait choisir de ne pas répondre. Mon angoisse augmentait. Et les jours suivant, c’est avec une sueur froide que j’attendais le courrier pour savoir si notre relation continuerait. Et je recevais une lettre, j’étais joyeux… et le cycle reprenait….
Je revois parfois ces lettres. Elles sont charmantes et il n’y avait aucune raison qu’elles s’arrêtent, mais ma blessure d’abandon ne le savait pas.

Plus tard, j’ai vécu plusieurs années avec une (autre) femme. La relation était belle mais chaotique. Tant géographiquement que dans notre couple, nous avons posé plusieurs séparations. J’imaginais alors avec angoisse que je finirais ma vie tout seul si nous nous séparions. J’avais trente ans.

Toujours plus tard, je me suis marié. Et ma femme avait une manière bien à elle de faire face à nos désaccords : elle ne disait rien, vraiment rien du tout (stratégie de faire le mort). Son silence me confrontait au vide de l’absence et me renvoyait directement à un abandon. C’était juste insupportable ; la guérison commençait…

Après avoir divorcé, j’ai rencontré d’autres femmes ; normal. C’est aussi à ce moment là que j’ai commencé à me documenter sur les blessures.

Et l’une de ces femmes m’a particulièrement aidé : elle m’a largué trois fois de suite. J’étais sincèrement amoureux d’elle et chaque fois, j’étais persuadé que notre relation était solide. Ce n’était pas sa volonté du moment, et elle me larguait.

J’ai souffert à chaque rupture. Et j’ai guéri de plus en plus. Non seulement, je n’étais pas mort après cette série de ruptures, mais je devenais de plus en plus indépendant de la blessure d’abandon. Oui, les séparations me faisaient mal, mais la douleur diminuait pour correspondre niveau de mon engagement dans le couple, pas plus.

Et récemment, j’ai pu constater cette guérison de l’abandon. Lors d’une confrontation assez intense avec ma compagne, j’ai distingué clairement le choix suivant :
- je peux choisir d’apaiser notre dispute en reprenant le point de vue de ma compagne, mais en renonçant au mien et en m’effaçant.
-  Je peux affirmer ma conception des choses, ce qui peut mettre en péril notre relation, car le désaccord est profond.

A ce moment, la possibilité de choisir m’apparait clairement : je ne suis plus sous l’emprise de la blessure d’abandon. Et j’ai choisi la deuxième solution qui me correspond le mieux. Nous nous sommes effectivement évités quelques temps pour revenir ensemble plus tard, plus apaisés.

Ainsi, la vie m’a confronté de nombreuses reprises à la blessure d’abandon. C’est extrêmement désagréable, douloureux même, et, c’est aussi ce qui m’a permis de la dépasser.

J’espère que ce récit de tranches de vie vous permettra d’appréhender la manière dont nous pouvons vivre nos blessures et dont la vie nous fait rencontrer les circonstances de ces blessures pour nous permettre de les guérir.

Bien à vous, Alain

PS : je suis resté en contact avec  la majorité des femmes qui ont participé à cet article et qui sont maintenant des amies.

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A
Merci Alain de t'être livré à nous et de nous montrer comment en avancer, sans craintes et dans la communication.
A mon sens, il manquerait juste une femme pour que l'histoire soit complète : ta mère.
Bises
Aurélie
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